Tu as un don, honore le

La quête d’Ella

Que se passerait-il si nous osions écouter ce qui cherche à naître en nous ?

Et si le plus beau voyage de votre vie était celui qui vous ramène à vous-même ?

Ella rêve d’un autre monde. Claire a perdu le sien. Leurs chemins vont se rejoindre autour d’une même quête : retrouver ce qui donne du sens à une vie.

À travers les pages d’un journal intime, les paysages grandioses du Midwest américain, les traditions amérindiennes, la puissance des saisons et la musique des Quatre Saisons de Vivaldi, ce roman invite le lecteur à ralentir, à ressentir et à écouter cette petite voix intérieure que le quotidien fait parfois taire.

Les Quatre Saisons d’Ella, un roman initiatique où chaque saison devient une étape pour apprendre à se connaître, accueillir ses blessures, retrouver sa liberté et oser honorer le don qui sommeille en chacun de nous.

Les Quatre Saisons d’Ella – Tu as un don, honore-le, un roman qui explore la quête de soi, la transmission, le pouvoir des choix et la capacité de chacun à révéler son potentiel.

Vous pouvez écouter un extrait, choisi et lu par Frédéric V., lecteur enthousiaste, que je remercie chaleureusement.

Terre inconnue.

Je rentre d’une terre inconnue qui, pourtant, me devrait être familière, puisque c’est ma terre.

Je découvre des mondes inconnus, des espaces familiers. Et, pourtant, je perds pied. À chaque fois, je récupère de mieux en mieux, et je me relève plus authentique, plus vraie.

Sous le Levant et le Couchant, une pluie d’étoiles ne ressemble à rien, ne se compare à rien. Sous le Levant, des merveilles, sous le Couchant, des trésors.

Entre eux… L’incomparable multitude.

Plus rien au monde n’a d’importance lorsque, sous le toit du monde, je regarde les étoiles. Tout prend son importance, lorsque, sous le toit du monde, je prends conscience que nous sommes le monde.

Allez, tu n’as pas de temps à perdre, les années passent si vite. Quand nous sommes jeunes, nous croyons avoir la vie devant nous. En revanche, lorsque nous sommes à l’heure de notre départ, nous regrettons souvent tout ce que nous n’avons pas encore fait, pas encore dit. Une seule vie n’y suffit pas.

 

Aujourd’hui, sur la route 66, un panneau attire l’attention. Il indique Old Road 66 et dessous tel un graffiti “Moonlight”. C’est mon nom. Je suis la dernière descendante de ma tribu.

Moonlight est la traduction du nom que me donna mon père. En effet, cette nuit-là, la lune illumina nos tipis pour disparaître aussi subitement qu’elle était apparue et, dans la pénombre, chacun avait pu voir ma peau d’argent se refléter dans la nuit. J’avais les yeux clairs des émeraudes, la peau claire d’une biche et mes cheveux couleur du bison. Lorsque j’étais petite, chacun m’appelait Moon, un diminutif chargé de respect, du mystère de ma naissance et de tendresse, d’affection de mes parents. Mon père, le chef, ne cachait pas sa joie, ma mère sa fierté d’avoir une si belle fille.

Plus grande, alors que je regardais le reflet de mon visage dans l’eau du ruisseau au bord duquel nous avions posé nos tipis, une nouvelle fois, la lune fit son apparition pour se refléter à mes côtés. C’en fut fini de Moon. Ce jour-là, tout le monde ne me regarda plus qu’avec le respect que l’on devait à la fille de chef et tout le monde m’appela Moonlight, même mes parents.

Alors que je protestais devant ma mère, elle me dit : « Tu as un don, honore-le ». C’est tout. Depuis ce jour, j’honore mon don, reflétant la Lune dans chaque génération qui a suivi.

Aujourd’hui, je suis lasse et aspire à me reposer aux côtés des miens… Le moment est venu pour Ella de prendre le relais.