Sarah Nah - été 2026

L’intuition, cette fascinante petite voix qui nous invite à regarder autrement

Je me souviens du jour où, la première fois, on m’a dit que j’étais intuitive et de ma réponse :

qu’est-ce que l’intuition ?

J’ai vu, en face de moi, un regard exclamatif se transformer en un regard interrogatif.

Il est simple d’utiliser des mots, en comprendre le sens un peu moins, et parfois le vivre demande un effort.

L’intuition est difficile à définir car elle peut susciter un questionnement, relever d’un jugement ou manifester un sentiment.

L’intuition ? un concept, une idée ou une véritable expérience ?

Selon Le Larousse : une connaissance directe immédiate de la vérité sans recours au raisonnement, à l’expérience.

Synonymes : inspiration, prémonition, prescience, sentiment.

Expression : avoir de l’intuition, c’est avoir du flair, deviner les choses.

L’intuition, cette façon de penser que l’on oppose souvent à la rationalité, fait aujourd’hui l’objet d’études et de recherches en neurosciences, mais je n’ai pas envie ici de vous inonder de statistiques et d’études.

Durant mes recherches, j’en ai retenu qu’elle peut être émotionnelle, rapide, parfois fulgurante et qu’elle s’exerce en partie hors champ de la conscience. C’est un mode de pensée qui peut nous conduire à un éclair de génie, en sciences par exemple, mais aussi bien, nous induire en erreur.

En philosophie, elle est liée à la connaissance immédiate directe et évidente,

En psychologie, c’est un processus de pensée qui ne repose pas sur raisonnement conscient.

Etymologiquement, en latin : Intuitio « vue, regard » dérivé de Intueri « regarder autrement » ou « regarder attentivement »

Personnellement, ça m’intéresse ! Percevoir, ressentir un phénomène autrement, au-delà de nos pensées, de nos idées et de nos représentations, comme si l’intuition nous dévoilait ce qui a toujours été là, mais caché à notre regard.

Ella, le personnage principal de mon roman Les quatre saisons d’Ella, est comme moi, elle est très intuitive. C’est sa richesse, mais aussi ce qui génère en elle beaucoup de doutes et de questions.

Mais alors, c’est quoi l’intuition ?  😊

Comment savoir si c’est l’intuition ou nos émotions qui parlent ? et comment faire la part des choses ?

Pour ma part, l’intuition se manifeste souvent par un ressenti corporel, une image fugace, une sensation, une conviction intérieure ou d’une idée qui surgit sans que je sache toujours d’où elle vient. Les créatifs parlent d’inspiration.

Et les émotions là-dedans ?

Un stress ou parfois une peur peuvent aussi se manifester physiquement : au creux du ventre, dans le thorax qui se ferme, se serre.

Une émotion peut naitre d’une pensée, d’une personne ou d’une situation qui nous touche, nous freine, voire nous paralyse et nous empêche d’agir, d’avancer.

Alors comment les distinguer ?

J’aime penser que l’intuition m’invite à écouter ce qui résonne profondément en moi, tandis que mes émotions peuvent être parfois teintées de mes peurs, de mes expériences, de mes croyances et de mes projections.

« Intueri », regarder autrement … ou écouter autrement, j’ai envie de dire.

« Je m’ouvre, j’accueille et j’écoute » dit Ella.

Pour elle, l’intuition est cette voix intérieure qui nous aide à reconnaître ce qui nous semble juste. Elle ne passe pas forcément par l’analyse ou le raisonnement.

Elle vient comme une compréhension, une évidence, parfois difficile à expliquer avec des mots.

« Tout est possible dès lors que j’écoute mon intuition et que j’ose écouter et suivre la voie de mon cœur » dit Ella.

C’est une voie intérieure, discrète, calme qui invite à nous arrêter, à écouter et à regarder en nous-mêmes.

L’intuition et la création ?

 L’intuition, c’est parfois une évidence, une révélation, une ampoule qui s’allume (vous savez , ce  personnage de BD ou de dessin animé avec une ampoule au-dessus de sa tête – 😊)

C’est une étincelle qui précède le langage, l’expression, l’action.

L’intuition saisit globalement, là où la raison ou le mental sépare, compare, teste…

L’intuition, un don qui permettrait de pressentir les choses ?

Elle permet parfois de percevoir des informations, de faire des liens, de rapprocher des éléments que nous n’avions pas encore associé.

Mais nos expériences, nos connaissances, nos filtres inconscients et nos représentations peuvent influencer notre perception et orienter nos intuitions dans un sens ou dans l’autre.

J’ai appris que l’intuition s’entretient aussi dans le lâcher prise, notamment par l’écriture, qui m’a permis de m’exprimer de façon spontanée avec l’écriture automatique, qui permet à la pensée spontanée de s’exprimer, de faire émerger des idées et parfois de nous révéler à nous-mêmes.

Pour moi, l’intuition est parfois un moteur. Elle me permet de franchir mes limites et de créer autrement, en laissant ma petite voix s’exprimer. Elle me donne une idée, sans que je sache toujours où elle me mène.

C’est ainsi que j’ai écrit Les quatre saisons d’Ella.

Mais, après l’intuition vient tout le travail de correction, de structure pour donner naissance à une histoire.
Et ça, je peux dire que c’est tout un travail !

Car, entre l’acte créatif et l’intention d’écrire un livre, la structure devient indispensable. Elle donne un cap, permet de se servir de ce qu’on a appris, sans se perdre, sans perdre ce qui donne du sens, sans étouffer l’acte créatif ni la perception globale qui nous a conduit à écrire.

J’ai dû trouver l’équilibre entre les deux : entre structure et lâcher prise, entre création, rêve et méthode.

 Se laisser dépasser par un personnage, par une idée et savoir à son intention première, reprendre son projet, s’appuyer sur les outils que l’on a appris pour donner forme à une œuvre.

« J’aime bien cette image d’un artiste qui découvre son don et en fait toute l’œuvre de sa vie », dit Sarah à Ella.

Qu’en pensez-vous ?

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