Interview littéraire

L’interview littéraire du Colibri Rouge et Naomi Titov

À la découverte de Sarah NAH et de son livre « Les quatre saisons d’Ella »

Interview de Naomi Titov, à retrouver ://www.facebook.com/share/p/195RCBL9u1/

Je remercie chaleureusement Naomi Titov, pour la mise en avant de mon roman par cette interview. Sarah

1. Pouvez-vous nous parler de votre dernier ouvrage ? Quelle en est l’inspiration principale et quel message souhaitez-vous transmettre aux lecteurs et lectrices ?
Les quatre saisons d’Ella, une histoire qui raconte que certains rêves peuvent révéler le don qui sommeille en nous.
Ella, le personnage principal, rêve d’un autre monde. Dans les confins silencieux de son journal intime, Ella chemine entre deux cultures, portée par l’héritage secret de sa grand-mère Moonlight et par la promesse silencieuse de ses racines amérindiennes. Un voyage intérieur vers les choix qui vont définir sa vie.
À des milliers de kilomètres, la prestigieuse violoniste Claire WAY annule son récital et disparaît. Seule avec les Quatre Saisons de Vivaldi, elle part à la recherche de ce qu’elle a perdu : sa musique, qui donnait du sens à sa vie.
Quatre saisons traversées comme quatre vies. Deux femmes. Deux voix qui cherchent à s’accorder et qu’une même blessure invisible relie. Et quelque part, entre rêve et mémoire, au croisement de leurs voyages, leurs voix finiront par se reconnaître pour une guérison que ni l’une ni l’autre n’attendait.
Lorsque j’ai commencé cette histoire, je voulais simplement raconter à mon fils l’un de mes plus beaux voyages, vécu au cœur du Middle West américain. Peu à peu, les personnages se sont imposés, nourris par mes carnets d’écriture de jeunesse. C’est ainsi qu’est née Moonlight, la grand-mère, qui accompagne Ella dans sa quête intérieure.
Cette histoire s’est finalement créée au fil des pages et des notes puisées dans mes carnets d’écriture, à une époque où je découvrais les notions du surréalisme et de l’écriture automatique. Ces textes m’ont permis d’apporter un côté ésotérique au personnage de Moonlight.
Il existe des livres qui racontent une histoire et ceux qui nous invitent à entreprendre un voyage.
« Les quatre saisons d’Ella » est de ceux-là. À travers les destins d’Ella et de Claire, le lecteur est invité à traverser les saisons comme des étapes d’une vie.
Entre roman, quête de sens et développement personnel, je propose une fiction où les paysages, la musique, les racines et les rencontres deviennent les reflets de notre propre chemin intérieur. Ce roman propose une histoire où la fiction devient un chemin vers soi et nous rappelle que chacun possède un talent, une intuition, une lumière qui lui est propre.
Je dédie ce livre à tous les lecteurs qui sentent qu’ils portent un don en eux et qui rêvent d’écrire leur propre histoire. J’aime croire que chacun possède une musique intérieure qui attend simplement d’être entendue.
2. Comment décririez-vous votre processus d’écriture ? Avez-vous des rituels ou des habitudes spécifiques lorsque vous écrivez ?
J’ai eu la chance de suivre une masterclass qui m’a apporté une structure narrative solide. Pourtant, lorsque j’écris, je laisse une grande place à l’intuition. Mon histoire est née d’un personnage, d’une image, d’un rêve et d’émotions, puis elle s’est construite progressivement, presque comme si l’histoire me guidait elle-même.
3. Quelle est la partie la plus difficile de l’écriture pour vous, et comment la surmontez-vous ?
Écrire, en fait, n’est pas forcément difficile, à partir du moment où l’idée, l’image que je m’en fais se précise. Ce qui fut difficile pour moi, c’est d’apporter une unité à tous mes fragments d’écriture, à mes réflexions et à mes notes.
4. Comment développez-vous vos personnages ? Y a-t-il des éléments de votre propre vie que vous incorporez dans vos personnages ?
Pour Ella et Moonlight, ce fut assez simple, puisque je pouvais identifier Ella à certains traits de caractère de ma jeunesse. Pour Moonlight, elle était déjà née il y a bien longtemps dans mes rêves.
Claire est issue d’un rêve également. Alors que je pensais en avoir fini avec ce récit et que je me demandais comment font les auteurs pour écrire tant de pages, une nuit, j’ai rêvé d’une musicienne, violoniste. La suite est à découvrir dans mon roman !
Mais je me suis attachée à créer des fiches de personnages, à découvrir leurs traits de caractère, leurs peurs, leurs attachements, leurs passions, leur façon de parler…
5. Avez-vous une routine de recherche particulière pour vos livres, surtout s’ils sont historiques ou nécessitent des connaissances spécifiques ?
J’ai passé beaucoup de temps à effectuer des recherches documentaires. Aujourd’hui, je me rends compte que l’intelligence artificielle permet d’aller plus vite, mais je reste convaincue que rien ne remplace le plaisir de découvrir une information inattendue qui ouvre soudain une nouvelle piste d’écriture. C’est ainsi que sont nées certaines de mes idées.
Et c’est ainsi que j’ai découvert la lettre du chef Seattle, écrite en 1855 au président des États-Unis. Une traduction qui provient du PNUE, le Programme des Nations unies pour l’environnement, et qui commence ainsi :
« Qui est le maître du ciel, du miroitement des eaux ? »
C’était sa réponse à la proposition des États-Unis d’acheter la terre des Indiens.
C’est une lettre marquante pour l’époque et qui, malheureusement, fait écho de nos jours :
« Car ceci, nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille. Tout est lié. »
« Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la toile de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à cette toile, il le fait à lui-même. »
6. Comment gérez-vous les critiques de vos œuvres, qu’elles soient positives ou négatives ?
Qu’elles soient positives ou négatives, je trouve cela très enrichissant, car cela me permet d’être à l’écoute et de comprendre ce qui a fonctionné ou pas. J’ai été très à l’écoute de mes bêta-lecteurs, par exemple, qui, en fait, pointaient du doigt les endroits où mon texte m’interrogeait déjà.
7. Quels auteurs ou quelles autrices vous ont le plus influencée dans votre carrière et pourquoi ?
J’ai connu la fin des années New Age, donc j’aime aujourd’hui tous les romans qui mêlent l’humain, la philosophie de vie et le développement personnel.
Mais le livre le plus marquant pour moi fut lorsque j’appris, à travers un documentaire télévisé, la mort de Gitta Mallasz et découvris ses Dialogues avec l’ange, dont elle se disait le scribe et non l’autrice. Les dialogues réunissent quatre jeunes qui discutent de leur situation dans l’environnement hostile de la Seconde Guerre mondiale, à la recherche du sens de leur existence. Des mois d’un enseignement spirituel reçu par Hanna et transcrit par Gitta.
8. Si vous pouviez dîner avec n’importe quel auteur ou n’importe quelle autrice, vivant ou décédé, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Des auteurs français : Bernard Werber, Éric-Emmanuel Schmitt, Raphaëlle Giordano et, bien sûr, Frédéric Lepage, qui m’a beaucoup apporté avec son Académie d’écriture. Quatre écrivains, aux styles différents, mais qui ont en commun, il me semble, une gentillesse et un don pour le partage de leurs connaissances.
J’ajouterai Amélie Nothomb, autrice belge, parce qu’elle incarne un personnage à elle seule.
Le dîner idéal : écouter leur manière de regarder le monde.
9. Quel conseil donneriez-vous aux écrivains et écrivaines en herbe qui cherchent à publier leur premier livre ?
Nous avons tous un don et notre vie prend une autre dimension lorsque nous acceptons de l’honorer. Si vous ressentez ce rêve vous habiter, même fragile, même imparfait, alors prenez-en soin.
10. Comment voyez-vous l’évolution du monde de l’édition et de la littérature avec l’essor du numérique et des réseaux sociaux ?
Je pense que la littérature aura toujours sa place, car les mots sont le premier langage de l’homme. L’humain est un être kinesthésique qui a besoin de mouvement, d’actions, car son corps est empli de récepteurs qui utilisent les sens. Il a donc besoin de ressentir, de contact et d’être relié aux autres par la présence ou la matière, comme le fait de toucher un livre papier que l’on hume, par exemple.
L’édition doit s’adapter à l’évolution, comme tout le monde.
11. Avez-vous des projets futurs dont vous aimeriez parler ?
Toujours autour de la musique. J’ai commencé le premier jet de mon second livre, que j’ai mis entre parenthèses pour la promotion des Quatre saisons d’Ella. Avec une autre œuvre musicale, Ella y retrouve sa place, même si ce n’est pas une suite.
12. Quel est le livre que vous avez lu récemment et qui vous a le plus marquée ? Pourquoi ?
J’ai une prédilection pour les contes philosophiques de Frédéric Lenoir, donc je peux citer L’Âme du monde ou Cœur de cristal.
Toutefois, les grands classiques pour moi restent Le Petit Prince, de Saint-Exupéry, dans la version illustrée avec les aquarelles de l’auteur, qui apporte une expression symbolique à cette œuvre poétique et philosophique.
J’ajouterai également L’Alchimiste, de Paulo Coelho, dans l’édition illustrée par Moebius.
13. Pouvez-vous partager une anecdote amusante ou mémorable de votre parcours d’écrivaine ?
Certainement mon rêve de la violoniste. Elle éclaire Ella. Elle est Claire…
Ella et Claire, deux femmes : deux voyages introspectifs où rêves, réalité, imaginaire et petite voix intime s’entremêlent pour créer un récit : leur histoire.
14. Si vous pouviez être un personnage de fiction pour une journée, qui choisiriez-vous et pourquoi ?
Pourquoi pas Ella ? J’aimerais voir où elle est capable d’aller sans moi.
15. Quelle est votre citation préférée sur l’écriture ou la lecture, et pourquoi résonne-t-elle avec vous ?
« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. » — René Char
Cela résume ma manière d’écrire, car bien souvent, je découvre le sens profond de ce que j’écris seulement une fois le texte terminé.
Merci Café ☕
Un grand merci à Sarah NAH pour ses cafés virtuels. Cette attention fait toujours très plaisir et me soutient concrètement dans mes actions de visibilité en faveur des auteurs, des autrices et de leurs livres.
Bonne journée et surtout bonne lecture, Naomi Titov
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